VENERATION
Il
est tapi au fond d’une vallée claire. Au cœur d’une rivière qui semble
tarie et presque désertique. Un puits ou l’entrée d’une grotte oubliés
des humains depuis des temps immémoriaux. Huit stries désignent
l’orifice qui parait endormi.
Tellement discret qu’ il en devient fascinant . Miroir de Narcisse ou
bijou indiscret sur lequel on se penche. La vue, l’odeur, le toucher, le
goût. Il n’a pas besoin d’appeler tant il attire par sa présence.
Lorsqu’on le hume, une odeur douce et de musc à
peine voilée enivre déjà, quand on le lèche, il agit comme un aimant.
La douceur de la peau en surface invite à une exploration lente et
périlleuse. On y plongera bien sûr mais jamais assez alors nait la
frustration de n’être qu’un homme. On voudrait s’y enfouir,
l’explorer, aller de la pointe de la langue là où personne d’autre
n’est jamais allé. Mais lui le divin est un temple qui ne fait
qu’entrouvrir ses portes même si sous l’insistance de l’impétrant il
peut se mettre à soupirer. A émettre un cri de gorgone,
rauque sonore et chargé d’une odeur venue de très loin. Depuis j’y vis
et je voue à votre trou du cul une véritable adoration.
(crédit photo : http://www.acontrario.net )

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